Le 24 juin dernier était organisé à l’Assemblée nationale un Forum pour l’interdiction des néonicotinoïdes. Organisé par des députés PS qui ont fait de cette famille de pesticides leur cheval de bataille, l’après-midi fut dense (les plus courageux ayant pris le chemin de la sortie à 21h00 passée !), différents acteurs concernés (pas tous) par les pesticides se sont relayés à la tribune.

Après une introduction par le député JP Chanteguet qui a rappelé que la recherche a aujourd’hui prouvé ce que les apiculteurs, en véritables lanceurs d’alerte, crient haut et fort depuis 20 ans, ce sont eux, directement touchés par ces produits systémiques neurotoxiques qui ont ouvert le bal.

Les néonicotinoïdes et l’apiculture

Le vice-président de Terres d’abeilles et de la section professionnelle du SNA a fait un excellent rappel de l’historique des combats des apiculteurs contre les différents produits phytosanitaires1. Il a mis en évidence que cela faisait 20 ans que les apiculteurs, en tant que lanceurs d’alerte, se sont mobilisés contre les produits systémiques, avec sans doute le plus célèbre d’entre eux, le Gaucho©.

Se sont succédés ensuite tour à tour, les différents représentants de la filière apicole : Unaf, SNA, FFAP et SPMF. G. Lanio, président de l’Unaf, après avoir rappelé la baisse de production constante ces dernières années et l’importance des abeilles dans le service de pollinisation a évoqué pour comparaison l’exemple des abeilles de Ouessant qui contrairement aux abeilles du continent, affichent un taux de mortalité inférieur à 5% et des reines fécondes sur 5 ans sur l’île mais succombent dès lors qu’on les amène « à terre »… Il y a bien une raison !

M. Vedrenne a souligné le fait que : sans apiculteur, il n’y aurait pas d’abeilles ! Les apiculteurs sont les gardiens des populations d’abeilles qui sans eux ne se renouvelleraient pas, avec ensuite comme problème la capacité de production. Varroa a aussi été mis à l’honneur mais pas pour en faire un bouc-émissaire, pour souligner le fait que les apiculteurs le côtoient depuis plus de 20 ans et que « ce n’est pas l’élément perturbateur permanent ». Le président du SNA a aussi mentionné l’existence d’un projet de mise au point d’une technique qui permettrait de détecter et de quantifier immédiatement et sur place la présence de pesticides sur les plantes ou les abeilles. La question des pertes récurrentes de cheptel a été posée : quel exploitant accepterait de perdre entre 30% et 70% de son cheptel sans être indemnisé ? Sans oublier un triste clin d’oeil à « la mention abeille » et sa modification dont les structures apicoles n’ont aucune nouvelle…

La représentante de la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP) a souligné le problème des surmortalités (aux alentours de 30%) et des comportements « anormaux » : non-valeur en augmentation, les arrêts de développement, les pertes de reines,… avant d’évoquer le problème de la contamination généralisée : tous les apiculteurs sont touchés, sur tout le territoire…les betteraves, les sapins de Noël, les chiens, les produits de jardinerie,… Les néonicotinoïdes sont partout, même dans la ruche car en effet, de nombreux pesticides, néonicotinoïdes et fongicides compris, sont retrouvés dans les matrices apicoles2. Enfin, pour clôturer le volet apicole, le représentant du SPMF a mentionné les faiblesses de l’évaluation de la toxicité des molécules depuis longtemps et que les néonicotinoïdes n’étaient pas les seuls, que les interdictions partielles n’ont jamais arrêté les mortalités et qu’il fallait « convaincre de ce désastre écologique ».

Pesticides et Science

Après que le lien entre néonicotinoides et nicotine ait été mentionné3 Mme M-F Roux a donc posé la question : si néonicotinoides et nicotine ont une action similaire ; et nous connaissons tous les impacts de la nicotine…pourquoi l’agriculture fait exception avec un épandage massif sans étude d’impacts sur la santé humaine…

Transition parfaite avec les propos du député G. Bapt faisant référence à l’enquête de l’Inserm « Pesticides et santé » dans laquelle il n’est aucunement fait mention de cette « nouvelle » famille de molécules4. Par contre, on sait aujourd’hui clairement qu’il y a un lien entre certains cancers et les pesticides5. Ce qu’a nuancé un peu la sénatrice Chantal Jouanno en soulevant le problème des données et études scientifiques contradictoires, l’indépendance des experts qui laissent souvent le politique seul avec sa conscience, tentant de faire au mieux…

C’est Jean-Marc Bonmatin, chercheur du CNRS bien connu des apiculteurs qui a commencé à présenter ce que les scientifiques savent6. Quelques données en vrac issues du travail des experts du groupe de travail de l’UICN :

• les néonicotinoïdes représentent environ 30% du marché mondial et 400 tonnes de matière active ont été vendues en 2012 ;

• l’imidaclopride est 7300 fois plus toxique que le DDT ;

• chez les drosophiles, en condition de laboratoire, on observe une diminution de la fécondité ;

• les fongicides sont considérés comme facteur aggravant ;

• des phénomènes de résistance ont été observés dès les années 2000 ;

• chez certains ravageurs, l’imidaclopride augmente fertilité et fécondité

• les néonicotinoides ont un effet délétère sur la faune, notamment oiseaux et batraciens.

Puis, Sarthou de l’université de Toulouse a présenté les résultats de l’EASAC7, association européenne des différentes Académies des Sciences nationales, qui a réuni 13 chercheurs pour faire un rapport sur les services écosystémiques, l’agriculture et les néonicotinoïdes. Ces chercheurs ont examiné plus d’une centaine d’études récentes et indépendantes relatives à l’impact des néonicotinoïdes sur l’écosystème. Le rapport souligne les «effets négatifs graves» sur des organismes non-cibles, etpas uniquement les abeilles. «Preuve est faite que même

d’infimes quantités de néonicotinoïdes peuvent être nocives pour ces organismes – oiseaux, papillons, abeilles sauvages, mouches, lombrics… – qui rendent des services importants à l’agriculture. Ils soulignent le caractère antagoniste de leur usage avec les principes de la Protection ou lutte intégrée des cultures adoptés par l’Union Européenne en 20098. Quelques données brutes là aussi :

• on observe des contaminations des eaux souterraines ;

• la durée de la demi-vie9 de la clothianidine est de 19 ans ;

• 1 hectare de colza en semence enrobées serait suffisant pour tuer 7600 colonies (2,8ng/abeille)

• les néonicotinoïdes modifient les comportements, la physiologie de la faune et induisent un succès reproducteur moindre

• les néonicotinoïdes ont un effet iatrogène, c’est-à-dire que le traitement censé protéger la plante a un effet néfaste non souhaité comme par exemple la pullulation des ravageurs (ex. des acariens sur le coton aux USA).

Puis, des chercheurs italiens sont venus présentés les résultats obtenus et les mesures d’accompagnement en vigueur suite à l’interdiction des néonicotinoïdes dans leur pays en 2008. Contrairement aux diminutions de rendement « attendus » par les agriculteurs, la production de maïs s’est très bien portée ; pour l’un des interlocuteurs, le secret de la cohabitation est « une législation qui défend les cultures selon la Directive 2009/12810 appliquée de manière concrète » avec la mise en place d’un fonds mutualiste pour soutenir les agriculteurs qui pratiquent la lutte intégrée car ils doivent faire face à une augmentation du risque. Il a été rappelé que pour lutter contre la chrysomèle du maïs (Diabrotica virgifera), la rotation des cultures est une technique efficace. Son collègue a ensuite rapidement présenté les résultats du projet APENET notamment sur l’effet des poussières semences, les effets sub-létaux sur l’apprentissage et la mémoire des odeurs et des couleurs et l’orientation spatiale. Pour exemple, une exposition en « quantité réelle » de terrain entraîne une diminution de réflexe du proboscis. 30% et moins des abeilles exposées répondent au test dit PER alors que plus de 80% des abeilles témoins, non exposées, y répondent. Enfin, quelques mots ont été dits à propos du projet Beenet en Italie (voir encart 1).

Encart 1 : BeeNet est un réseau sur l’étude des interactions abeilles-environnement, BeeNet s’intéresse aux intéractions abeillesenvironnement, à la surveillance de la mortalité des abeilles et la caractérisation des pertes de colonies en Italie. Débuté en 2011, le réseau comptait en 2012 environ 3000 ruches organisées en rucher « de surveillance ». Ce dernier est chargé d’effectuer des visites 4 fois par an : la première à la fin de l’hiver; la seconde au printemps-été; la troisième en fin d’été – début d’automne; et la quatrième avant l’hivernage. Lors de chaque visite, les données environnementales de la ruche sont enregistrées, des échantillons de matrices de la ruche sont prélevés pour effectuer des analyses chimiques, pathologiques et nutritionnelles. Un des résultats est que la mortalité totale a presque doublé dans les ruchers infectés par Nosema sp. Aussi, un service « d’urgence de l’abeille » a été mis en place ; c’est lui qui est en charge de l’intervention sur le terrain, de la prise d’échantillons (abeilles, pain d’abeille, etc.), de la collecte de données et d’une enquête épidémiologique, en collaboration avec les autorités sanitaires, lors du rapport de mortalités.

C’est ensuite P. Juvin, pharmacien spécialiste des produits soumis à réglementation qui a pris la parole pour nous parler des contraintes et biais dans l’évaluation réglementaire des produits. Il a bien été rappelé que l’évaluation de la « substance » était différente de celle des « produits » ; produits et substances n’ayant d’ailleurs pas la même toxicité. Pour les substances (cf. tableau 1), l’évaluation est faite par l’Efsa (l’agence de sécurité alimentaire et sanitaire européenne), confiée à un Etat membre et la décision revient à la Commission européenne, c’est la Direction générale de la santé qui est responsable de ces dossiers. Pour les produits, la compétence est nationale, en France, c’est l’Anses qui évalue et décide de la délivrance des autorisations de mise sur le marché (AMM)11 sur la base d’un dossier remis par les firmes. Ce qui entraîne, tout naturellement, un risque de biais dans la mesure où l’on peut se demander si toutes les analyses faites ont bien été fournies (dissimulation de résultats) ou si le travail de bibliographie a été suffisamment poussé. Enfin, l’évaluation de la toxicité se fait selon la classification de Klimisch. Cette classification repose sur un article publié en 1997 par trois employés de BASF. Elle donne aux études « parrainées » par l’industrie12 le score de fiabilité le plus fort (1), alors que les études universitaires indépendantes obtiennent un score de fiabilité de 2, 3 ou même 4 dans le classement de Klimisch et al. (1997)13. On comprend donc l’importance de la révision des processus d’évaluation… Avec une estimation des coûts économiques de l’inaction qui peuvent être raisonnablement attribués à l’exposition à des perturbateurs endocriniens dans l’Union européenne (UE) de l’ordre de 157 milliards par an (Trasande et al., 2015)14.

 

Substance Approuvée jusqu’en  DL 50 abeille 
Acétamipride2017 microgramme
Clothianidine2018nanogramme
Imidaclopride2019nanogramme
Thiamétoxame2018nanogramme
Thiaclopride2017microgramme
DinétofuraneNon approuvée 
Nitenpyrame Non approuvée 

D’après Juvin, 2015

 Tableau 1 : Liste des substances de la famille des néonicotinoïdes autorisées. 

Les lettres DL désignent la « dose létale ». La DL50 est la quantité d’une substance, administrée en une seule fois, qui cause la mort de 50 % d’un groupe d’animaux d’essai. La DL50 est une façon de mesurer le potentiel toxique à court terme (toxicité aiguë). Les substances en rouge sont celles pour lesquelles le moratoire a été mis en place. Le nitenpyrame n’est pas approuvé mais est toutefois utilisé en pharmacie vétérinaire comme anti-puce (Capstar®) tout comme le dinotéfurane que l’on retrouve dans Vectra Felix® (source : La semaine vétérinaire, n°1615).

Enfin, pour clôturer cette thématique, le Dr Nicolle, de l’association « alerte des médecins sur les pesticides15 », a présenté quelques études cliniques, notamment une au Japon sur des cas d’intoxication sub-aiguë liés à la consommation de thé…traité au Gaucho®. Mais aussi en France où des traces d’imidaclopride ont été retrouvées dans les cheveux des habitants de zones rurales ou encore en Espagne où des ouvriers agricoles travaillant en serre et exposés à de l’imidaclopride ont vu leurs capacités pulmonaires diminuées… Les faits sont là.

Quelques résultats Inserm

Il existe une très grande hétérogénéité de pesticides avec près de 100 familles chimiques de pesticides : organophosphorés, organochlorés, carbamates, pyréthrinoïdes… Ils divergent selon leurs cibles, leurs modes d’actions, leurs classes chimiques ou encore leur persistance dans l’environnement.

Des pesticides pour quels usages ? En France, peu de données quantitatives par type d’usages sont accessibles. La majeure partie des tonnages (90%) est utilisée pour les besoins de l’agriculture, mais d’autres secteurs professionnels sont concernés : entretiens des voiries, jardins et parcs ; secteur industriel (fabrication, traitement du bois,…) ; usage en santé humaine et vétérinaire, lutte anti-moustique, dératisation… Il faut ajouter à cette liste les usages domestiques (plantes, animaux, désinsectisation, jardinage, bois). En France, les fongicides représentent près de la moitié des tonnages. 80% des tonnages de pesticides sont utilisés pour un traitement des céréales à paille, maïs, colza, vigne. Les plus vendus ont comme principe actif le soufre ou le glyphosate.

Les sources d’exposition. Les pesticides sont présents partout dans l’environnement. On peut les trouver dans l’air (air extérieur et intérieur, poussières), l’eau (souterraines, de surface, littoral, …), le sol, et les denrées alimentaires (y compris certaines eaux de consommation). En milieu professionnel, la voie cutanée représente la principale voie d’exposition (environ 80%). En population générale, la voie orale est souvent considérée comme la principale voie d’exposition à travers l’alimentation.

Pesticides et cancers. D’après les données de la littérature, une augmentation du risque d’avoir un cancer de la prostate existe chez les agriculteurs, les ouvriers d’usines de production de pesticides et les populations rurales (entre 12 et 28% selon les populations). Quelques matières actives ont été spécifiquement documentées, en population générale : chlordécone ; en population professionnelle : carbofuran, coumaphos, fonofos, perméthrine. Toutes sont actuellement interdites d’usage. Pour certaines d’entre elles, un excès de risque est observé uniquement chez les agriculteurs ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate. On retrouve aussi une augmentation de risque de lymphomes non hodgkinien et de myélomes multiples chez les professionnels exposés aux pesticides du secteur agricole et non agricole. Les pesticides organophosphorés et certains organochlorés (lindane, DDT) sont suspectés. Bien que les résultats soient moins convergents, un excès de risque de leucémies ne peut être écarté.

Pesticides et maladies neurodégénératives. L’expertise collective s’est intéressée à 3 maladies neurodégénératives, la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer et la sclérose latérale amyotrophique, ainsi qu’aux troubles cognitifs, qui pourraient prédire ou accompagner certaines pathologies neurodégénératives. Une augmentation du risque de développer une maladie de Parkinson a été observée chez les personnes exposées professionnellement aux pesticides. Un lien a pu être mis en évidence notamment lors d’une exposition aux insecticides et herbicides. Pour les autres maladies, les résultats sont moins clairs.

Effets sur la grossesse et le développement de l’enfant. Il existe maintenant de nombreuses études épidémiologiques suggérant un lien entre l’exposition prénatale aux pesticides et le développement de l’enfant, à court et moyen terme. La littérature suggère une augmentation significative du risque de fausses-couches ainsi qu’une augmentation du risque de malformations congénitales lors d’une exposition professionnelle maternelle aux pesticides. Une augmentation significative du risque de leucémie et de tumeurs cérébrales a été aussi mise en évidence. Enfin, plusieurs études cas-témoins et de cohortes montrent une augmentation du risque de malformations congénitales (malformations cardiaques, du tube neural, hypospadias) chez les enfants des femmes vivant au voisinage d’une zone agricole ou liée aux usages domestiques de pesticides. Une diminution du poids de naissance, des atteintes neuro- développementales et une augmentation significative du risque de leucémie sont également rapportées.

Pesticides et fertilité. Le lien entre certains pesticides (notamment le dibromochloropropane en bananeraie), qui ne sont plus utilisés, et des atteintes de la fertilité masculine a été clairement établi. Par contre, de nombreuses incertitudes subsistent en ce qui concerne les pesticides actuellement employés. Les experts rappellent que «ne pas être en mesure de conclure ne veut pas dire obligatoirement qu’il n’y a pas de risque».

Pesticides, Société et Biodiversité

Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle, représentant la Fondation Nicolas Hulot, a lancé une pétition pour un moratoire des néonicotinoïdes16. Il a rappelé que contrairement à ce que certains pensent, les pesticides sont une question de société avant de poser la question du statut, de l’indépendance des experts en matière de pesticides et de nouvelles biotechnologies. Cette indépendance, garante d’un processus d’évaluation des risques « objectif » s’il en est, est de plus en plus difficile dans la mesure où un nombre croissant de laboratoires sont financés par les firmes. « La religion du progrès technique est au coeur du monde scientifique » soulignant aussi que les membres des « Académies » sont généralement loin de la terre et dans le mythe du progrès [scientifique et technique].

Enfin, se sont succédés différents représentants des grandes associations et ONG environnementales telles la Ligue de protections des oiseaux (LPO), WWF, Greenpeace, Nature et Humanités et Générations futures. Il a été rappelé que le suivi temporel des oiseaux communs (le programme dit STOC) indicateur de l’état de la biodiversité en France a mis en évidence une diminution de population pour 75% des petits granivores entre 1989 et 1991 et en 20 ans, l’abondance des espèces d’oiseaux communs inféodés aux milieux agricoles a chuté de près de 20% ; ceci est lié aux modifications de l’agriculture. Au niveau européen, un récent rapport de l’association BirdLife montre que 144 espèces d’oiseaux sur les 220 référencées sont en diminution.

Le représentant de Greenpeace a quant à lui, fait un parallèle avec les organismes génétiquement modifiés pour dire qu’il faut interdire ces deux technologies, rappelé que « les néonicotinoïdes sont le symbole d’une agriculture qu’on ne veut plus » – le représentant de Générations Futures ira plus loin en parlant du « degré zéro de l’agronomie »- et a émis un regret, l’absence des acteurs économiques17, de la grande distribution qui selon lui doivent s’engager sur la transparence. Afin d’éveiller les consciences, Générations Futures mène, pour sa part, de manière régulière des enquêtes auprès des populations, la dernière en date (2014) a mis en évidence la présence de fipronil dans 100% des échantillons prélevés (des cheveux de jeunes enfants)18 en zone agricole.

A noter aussi, la présence de personnalités du monde artistique français qui ont signifié aux élus par leur présence et leur prise de parole, l’intérêt que porte la société à la cause des pollinisateurs et des abeilles en particulier.

Il faudrait donc changer de modèle agricole, respecter la législation en vigueur- la fameuse Directive 2009/128/CE dite de l’utilisation durable des pesticides, prendre en compte les études effectuées dans des laboratoires universitaires indépendants, arrêter d’avoir une vision « court-termiste » et envisager l’agriculture comme une solution face aux menaces sur la biodiversité ; peut-être aussi séparer le travail de conseil et de vente des produits phytos…

Soyons optimistes, des choses se passent : les plans EcoPhyto, le Grenelle, la loi sur la Biodiversité,… Et comme l’a dit le réalisateur du film-documentaire « Nos enfants nous accuseront » : « 87% des enfants pensent que les adultes ne protègent pas assez la Nature », la vérité ne sort-elle pas de la bouche des enfants ?

C. Adolphe

1 Vous pouvez retrouver une partie de sa présentation dans le journal du mois de juin 2015.

2 Référence à la région Rhône-Alpes où entre 2012 et 2014, il y a eu 50 suspicions de contamination. Après analyse, tous les échantillons se sont révélés négatifs pour les pathologies, 91 analyses toxicologiques se sont révélées positives avec 42% de néonicotinoïdes.

3 Les néonicotinoïdes, comme la nicotine, se lient sur des récepteurs spécifiques : les récepteurs nicotiniques. Ces derniers sont présents à la surface de certaines cellules ; chez les insectes, ils se retrouvent sur les neurones du système nerveux central. Leur sur-activation génère un blocage qui engendre une paralysie mortelle. Mme M-F Roux a donc posé la question, si néonicotinoïdes et nicotine ont une action similaire ; et nous connaissons tous les impacts de la nicotine…pourquoi l’agriculture fait exception avec un épandage massif sans étude d’impacts sur la santé humaine…

4 En effet, les molécules mise en cause dans ce rapport sont en partie interdites aujourd’hui.

5 Pour un résumé de l’enquête Inserm paru en juin 2013, voir : http://presse-inserm. fr/pesticides-effets-sur-la-sante-une-expertise-collective-de-linserm/8463/. Le dossier entier est disponible en ligne sur le site Internet de l’Inserm.

6 Il s’agit ici des résultats du groupe d’experts de l’UICN qui a travaillé spécifiquement sur les néonicotinoïdes. On parle aussi de la « task force » sur les néonicotinoïdes. Tous les résultats sont disponibles en anglais sur le site : http://www.tfsp. info/

7 http://easac.eu

8 Cette dernière impose notamment que « les pesticides ne soient employés qu’en cas d’attaque constatée, en quantité minimale et proportionnée à la réalité de l’attaque, en utilisant des produits ciblés et non persistants. Voir, dans le cadre de l’article 14 de de la Directive 2009/128. http://agriculture.gouv.fr/article-14-de-ladirective- 2009128ce

9 La demi-vie est le temps mis par une substance (molécule, médicament ou autres) pour perdre la moitié de son activité

10 Cette dernière impose notamment que « les pesticides ne soient employés qu’en cas d’attaque constatée, en quantité minimale et proportionnée à la réalité de l’attaque, en utilisant des produits ciblés et non persistants. Voir, dans le cadre de l’article 14 de de la Directive 2009/128. http://agriculture.gouv.fr/article-14-de-ladirective- 2009128ce

11 Ceci fait suite à la loi d’avenir sur l’Agriculture du 13/10/2014 et est entrée en vigueur le 1er juillet 2015. Plusieurs associations et syndicats apicoles s’étaient à l’époque prononcés en la défaveur de ce nouveau système dans la mesure où l’Anses devenait évaluateur et gestionnaire du risque. La gestion du risque et les AMM relevant avant des compétences de l’Etat.

12 C’est-à-dire qui utilisent les lignes directrices de l’OCDE et le Guide des bonnes pratiques de laboratoire (BPL) auxquelles les firmes ont participé.

13 Klimisch, H-J., Andreae, M., Tillmann, U., 1997. A Systematic Approach For Evaluating the Quality of Experimental Toxicological & Ecotoxicological Data, Regulat Toxicol & Pharmacol, 25 : 1-5

14 Trasande, L., Zoeller, R. T., Hass, U., et al., 2015. Estimating Burden and Disease Costs of Exposure to Endocrine-Disrupting Chemicals in the European Union. The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, 100(4) : 1245–1255. doi:10.1210/ jc.2014-4324. Pour une version vulgarisée en français de l’article, voir l’article de Stéphane Foucart publié dans le journal Le Monde le 5/03/2015 : http://www.lemonde. fr/medecine/article/2015/03/05/les-perturbateurs-endocriniens-coutentplus- de-150-milliards-d-euros-par-an-a-l-europe_4588381_1650718.html#

15 http://www.alerte-medecins-pesticides.fr/ https://formulaires.fondation-nicolas-hulot.org/fra/stop_pesticides/

16 La Fondation a été rejointe par d’autres associations telles que : la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Humanité et Biodiversité ou France, Nature, Environnement (FNE). A ce jour, plus de 110 000 signatures ont été réunies.

17 C’est un regret que nous partageons, il aurait été sans doute bon d’accorder de laisser la place au dialogue avec les organisations représentant les utilisateurs de néonicotinoïdes présentes dans la salle.

18 Sans oublier de nombreuses autres substances, pesticides ou perturbateurs endocriniens. Pour plus d’informations : http://www.generations-futures.fr/ pesticides/exppert-quelles-expositions-des-enfants-aux-pesticides-perturbateurs- endocriniens/